• Maël

G-FUNK : le rap du soleil

Cours focus sur la G-Funk, son histoire et ses acteurs. Retour en arrière d’une trentaine d’années, on se plonge dans les méandres d’un style qui aura marqué toute une génération.


Un peu de contexte. Vous êtes en train de rouler fenêtres ouvertes en bord de plage, lunettes de soleil, chemise ouverte, California Love à fond dans les enceintes. Au-delà d’être un merveilleux remix de Woman to woman de Joe Cocker, c’est un fer de lance de la G-Funk.


Née au début des années 90 sur la côte Ouest des États-Unis (pour changer), c’est probablement le courant musical qui a le plus permis au rap de se démocratiser dans l’oreille du grand public.


Car quand Dr. Dre sort l’incontournable "The Chronic" en 1992, les sonorités semblent à des années lumières de ce qu’ont réalisé la même année des artistes comme Redman ou Run DMC. Une ambiance ensoleillée, des samples de funk qui nous rappellent les 70’s, et une vibe très entraînante qui s’oppose presque diamétralement au hip-hop qui dominait en ces temps.


Le mouvement va peu à peu prendre de l’ampleur

Et la chaleur qui se dégage de ce style nuancé par des paroles toujours aussi crue va faire bouger plus que les boîtes de nuit. Le mouvement va peu à peu prendre de l’ampleur, avec l’émergence d’artistes qui semblaient être faits pour ce genre. Ice Cube avec une multitude de hits, "It was a good day" en tête en 1992, Snoop Dogg avec "Doggystyle" en 1993 ou encore l’illustre 2Pac sur le double album "All Eyez On Me" en 1996 ont fait voyager la G-Funk aux quatre coins du globe.



En France, c’est Doc Gyneco qui aura le plus réussi à se démarquer dans ce style qui lui allait si bien, notamment avec "Première Consultation", également arrivé en 1996. Mais si le courant survit jusqu’au début des années 2000, il devient peu à peu une niche, utilisé par une poignée de résistants qui encore aujourd’hui tentent de renouveler le genre en excluant les samples qu’ils délaissent pour faire place à leurs créations originales. (S/o Cypress Hill.)


Mais qu’importe, la G-Funk des Nineties est immortelle, à travers la voix des plus grands ou de la playlist de West Coast Classics. Des classiques, il y en aura eu une multitude, et c’est tout ce que l’on retiendra. Les visionnaires d’il y a 30 ans nous auront montré que l’on peut s’affirmer à contre courant de la majorité. Ont-ils donné des idées à ceux qui ont popularisé la Trap ou le Cloud Rap ? On ne le saura probablement jamais. Moi je vous laisse, je retourne écouter Pac.