• Maël

Horizon vertical : la foudre a frappé

Vald et Heuss frappent un grand coup en cette fin d'année. Un projet commun inattendu annoncé début décembre. Un album qu'on a essayé de décortiquer.



On va se l’avouer, depuis l’annonce du projet en commun des deux larrons début décembre, la hype était au maximum. On avait déjà eu une idée de ce que pouvait donner cette connexion sur l’album de Heuss en 2019 avec "L’addition", petite merveille qui aura accompagné de nombreux apéros en bord de piscine. Alors forcément, les attentes étaient élevées.


Deux clips pour teaser le projet tout d’abord, deux morceaux aux antipodes, le yin et le yang, Dr Jekyll et Mr Hyde. D’un côté, "Guccissima", douce mélodie qui nous montre la tendresse et la facilité du duo à créer un hit. De l’autre, "Matrixé", avec une prod moderne et agressive, du kickage et des passe-passes à couper le souffle. Matrixés.


En seulement deux sons, Vald et Heuss nous préparent parfaitement à l’ambiance générale et à la tournure qu’allait prendre le projet. On sait à quoi s’attendre, plus qu’à écouter.

Dès l’intro, les moteurs ronronnent, comme pour nous prévenir de l’accélération imminente. Une instru aussi sombre que la saison d’Arsenal, et un refrain endiablant posé de main de maître par un Valentin Le Du toujours aussi à l’aise avec l’autotune. Les fauves sont lâchés, on peut enchaîner avec deux autres morceaux d’une puissance folle, dont "Matrixé", avant un premier contrepied. Sur la track 4, le V commence à poser comme en préface d’un immense banger. Que nenni. Changement d’instru, et Heuss débarque pour diffuser une mélancolie contagieuse au fil d’une prod sur fond de guitare électrique signée Seezy. Deux samples de Eddy le quartier plus tard, flashback d’une trentaine d’année avec "1992", des synthés, des punchlines marquantes et des chemises trop grandes. On note la grosse prise de risque de tenter une réalisation de la sorte, car il aurait été très facile de tomber dans le ridicule au bout d’une poignée de secondes. Énorme réussite.


Puis une instru sur laquelle Gradur aurait sûrement été très à l’aise il y a 5/6 ans, un sandwich de McDo sans bacon mais avec beaucoup d’épices, et on en passe et des meilleures. Coup de cœur personnel pour le morceau "2014", qui vient aborder un sujet bien plus sérieux que ceux auxquels on avait eu droit jusqu’ici. Ce ne sont plus les rappeurs mais les pères de famille qui nous parlent, et c’est extrêmement touchant. Le contraste avec les instrus et les lines proposées sur les 10 premiers sons vient nous frapper en plein cœur, rentrons il commence à pleuvoir. A consommer sans modération. Mais rangez les mouchoirs pour l’outro du projet, "Adios", hasta luego les fragiles. On bouge la tête sur cette prod volcanique de Seezy, Zeg-P et Suikon, une conclusion représentative de l’atmosphère globale du projet.

En somme, c’est l’alchimie absolue du duo qui est bluffante tout au long de ces 12 morceaux qui passent à une vitesse folle. Des flows variés, de la diversité musicale et vocale, des cris, des pleurs et des écouteurs en fusion. Vald et Heuss frappent un très grand coup en cette fin d’année 2020 et nous confortent dans l’idée que le public a besoin de bien plus d’albums en commun. Le peuple vous le demande.