• Maël

Quand rapper devient un hommage

Pays d’origine, parents ou enfants n’ont pas nécessairement tous droit à une place de choix dans les thèmes récurrents du rap français. Et pourtant, ils nous ont offert des morceaux mémorables. Focus.

C’est aussi pour ça qu’on aime le rap. Quand, au milieu des balles et des punchlines, la mélodie vient s’adoucir en harmonie avec le thème pour nous toucher en plein cœur. Là où ça fait mal, mais aussi là où les sentiments sont les plus purs.


Car c’est un sujet qui est rarement abordé dans les textes des MCs, et c’est aussi pour ça qu’une certaine puissance s’en dégage quand on les écoute. Forcément, il est toujours plus facile de tirer à vue que de s’ouvrir le temps d’une chanson. Imageons ça avec un premier exemple.


Un exemple qui m’est cher, car c’est un de mes premiers souvenirs de rap. En 2008, Soprano rend hommage à sa fille dans le morceau "Inaya". Inaya, c’est sa fille, née en juillet 2007. Et comme il n’a pas connu son premier enfant, cette fois il ne fait pas les choses à moitié. Les références du dernier couplet, les mots utilisés pour dire à quel point elle a changé sa vie, tout est d’une sincérité étourdissante. On avait parlé de "2014" de Vald et Heuss en Décembre dernier, l’inspiration vient peut-être de ce bel album qu’est "Les cités d’or".



Dans un registre plus triste, c’est Sch qui nous a offert l’une des performances les plus marquantes de ces dernières années. Alors qu’il est en train de sortir "Deo Favente" son père rejoint le royaume des cieux. Et lorsqu’il l’apprend, il enregistre la perle qu’est "La nuit". Difficile de s’imaginer à quel point ce genre d’événement change un artiste, bien plus simple de se rendre compte de la dimension brûlante de son interprétation. Encore présent dans "JVLIVS" à travers "Otto" ou "J’t’en prie", cet thème devrait revenir d’ici peu dans ses textes.


Sniper avec "Sans (Re)Pères" en 2003, La Fouine avec "Papa" en 2011 ou plus récemment PNL avec le vibrant "Zoulou Tchaing" en 2019, la figure paternelle est un exemple qui revient relativement souvent dans les lyrics. En même temps papa, pour ton sourire je donnerais ma vie.


Mais c’est aussi dans la musicalité qu’on peut trouver des hommages qui fond chaud au cœur. Et pour cela, ce sont souvent les pays d’origine des rappeurs qui sont au centre de l’attention. Quand Booba parle du Sénégal dans "DKR", ou Damso du Congo dans "Kin la belle", c’est beau.


Des paroles qui deviennent universelles

Mais c’est toujours beau, car ces sujets leur tiennent toujours à cœur, car les émotions retranscrites ne sont pas fausses et que les paroles deviennent universelles. Continuez à nous faire pleurer, de tristesse ou de joie, car le rap c’est aussi un peu de tout ça.