• Maxence

Rencontre avec CSHMR : Pour l'amour de la musique

7H25 en France. De l’autre côté de l’Atlantique à plus de 5000 km, se trouve CSHMR, rappeur Montréalais, passionné de mode et de sonorités inexplorées.

L’aube chez nous, la nuit chez lui, voilà qui pourrait être représentatif de son style: sans demi-mesure.

L’artiste a sorti "ECLOSR" le 26 mars dernier, pour l’occasion nous avons pu échanger avec lui.



Est ce que tu peux te présenter rapidement ?


Alors moi c’est CSHMR. On fait du son, on produit, on mixe, on masterise, on fait tout !


"ECLOSR", ton deuxième projet est sorti en mars dernier. Le format EP, c’était un passage obligé pour grandir ?


Le format EP c’était surtout pour confirmer que je savais sortir les idées de ma tête.

Tu vas voir que les sons que j’ai produit sont plus ou moins courts mais vraiment intenses au niveau des prods etc.


Est ce qu' il y avait une volonté de respecter une ligne directrice pendant la réalisation de l’EP? Ou au contraire l’idée de ne se donner aucune limite ?


Pour le projet, j’ai mis du temps. J’ai mis 4 mois pour le faire, mais en vrai de vrai si on compte le heures, j’ai mis je pense pas plus d’une semaine.


Parce que je savais quels sons il fallait que je fasse. Le but c’était juste de se diversifier. Dans les 8 sons, il y a 8 sons différents.


Sur ce projet, on retrouve 2 fois graffiti Boys radio, comment s’est fait la connexion ?


Je les connais depuis longtemps, c’est mes boys, je sais même plus comment je les ai rencontré mais c’est juste la famille.



Comment est ce que tu qualifierais ta relation avec le beatmaker Krizzy ?


On a vraiment tout construit et puis c’est juste de l’alchimie pour les instrus et pour les sons. Si un son est bon, je vais le savoir selon comment il le sent.


Est-ce qu’il a apporté sa patte à "ECLOSR" ?


Lui il a vraiment apporté la DA (direction artistique). En fait, j’étais vraiment en mode carte blanche. Toutes les idées que j’avais, je voulais les mettre dans le projet. C’est surtout pour la validation au niveau de la DA. Il m'a aussi conseillé pour mon projet "Genesis" que j’ai sorti l’année dernière.



Bien que beaucoup de monde parle de musique expérimentale, as-tu déjà réussit à définir ce que tu faisais musicalement ?


Je fais la musique que je veux entendre on va dire.

Je veux pas me mettre dans une case parce que quand tu réécoutes le projet, si t’es dans le beatmaking, tu vas comprendre que le premier et le dernier son c’est de la drill. Et ça c’était un défi avec Krizzy. En plus il y a eu la hype, nous on faisait de la drill en France, en Europe, au UK, au US, au Canada partout donc le défi c’était de reprendre cette petite hype, les codes de ce style mais de les rendre plus CSHMR. Parce que faire un morceau drill normal ça m'aurait juste cassé la tête. Le but c’est vraiment d’avoir des sonorités, de s’inspirer des bonnes choses de la musique et puis de les rendre avec notre sauce.


Est ce que tu ressens des similitudes ou différences entre le rap français et canadien ? Est ce que tu penses que le rap Canadien arrive plus facilement à s’émanciper du US par rapport au français ?


En fait je pense que tôt ou tard ça va s’émanciper. Parce que le marché francophone va être saturé. Je préfère pas balancer trop tôt mais il y a vraiment des talents ici (au Canada) francophones très très forts.


Après mon avis c’est surtout que il y a rien à voir entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Les artistes en Amérique du Nord ont des influences bien plus poussées.J’ai vécu en France plus jeune du coup j’ai les deux vibes entre la France et ici.


On va dire que il y a plus de diamants au Canada qu’en France parce que maintenant c’est saturé, il y a des rappeurs tous les 3 mètres. J’pense que vous avez sleep (dormir, passer à côté) sur beaucoup de personnes. Par exemple, Lala &ce depuis 2013 elle fait des sons que moi j’ai jamais compris comment elle faisait ça. Il y a tellement de talents qui ont émergé et la France a tellement consommé de musique, qu’on a pas eu le temps de profiter des petits artistes.


Des projets pour la suite ?


Moi je veux être partout, donc mes projets pour la suite, c’est musique musique musique. Là il y a des singles qui vont arriver, et puis il y a aussi un autre projet qui va sortir avant la fin de l’été. Il y aura du contenu et beaucoup de sons.