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Rencontre avec Nērø, un duo sans limites

Originaires du sud de la France, on a eu le chance de s’entretenir avec le duo Nērø et de leur poser quelques questions sur leur projet "Maison piège" ou encore sur leur vision de la musique :



Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?


On est deux artistes du sud de la France. On fait de la musique depuis 3 ans et c’est incroyable. On partage ça avec les gens qu’on aime et on fait ce qu’on veut, sans limites.


Pourquoi avoir choisi le nom de nērø pour votre groupe ?


nērø rappelle la couleur noire. Au fond, ça n’a pas vraiment de sens mais ça en a donné un à notre vie.


Vous avez sorti votre projet "Maison Piège" le 13 novembre dernier. Vous le définissez comme un état d’esprit, pourquoi ?


On est allé dans une maison de famille au milieu d’une forêt et c’est là que l’idée est née. Au fur et à mesure de l’année, « maison piège » est devenue une façon de penser, une façon de vivre. On peut y faire le rapprochement avec une traphouse où les gens se déconnectent de la réalité pour se défoncer. On considère que notre musique est une drogue. D’ailleurs, on l’appelle l’audiocrack.


Le son que vous préférez dans maison piège ? Le son que vous feriez écouter à quelqu’un qui ne connaît pas votre univers ?


Iranya : "CrackHead" par rapport à l’histoire du son, du clip et parce que la fin est terrible. Ce son représente un début et une fin dans notre progression.

Mowgly : J’pense avoir une préférence pour "Sans voix", que ce soit dans la prod et son ambiance mais aussi le contexte dans lequel on l’a fait. La tristesse qui s’en dégage est incroyable. On pense que "CrackHead" est un des morceaux qui nous représente le mieux mais ce qui fait notre particularité, c’est qu’on fera jamais deux fois le même son et on y met notre âme à chaque fois.



Quel est l’élément déclencheur d’un tel engouement pour le rap ?


Le premier voyage qu’on a fait à deux dans la maison nous a rendu fou et fait comprendre ce qu’on voulait faire de nos vies. On considère pas qu’on fait que du rap, mais c’est le style musical qui a le plus de libertés.


Comment s’est passée la réalisation du dernier projet ? Le temps passé dessus, les imprévus etc... Racontez nous tout !


Le projet s’est construit sur une année. Une grande partie du travail s’est faite sur 3 voyages dans la maison piège. Ça a été une année riche en rencontres, pleine de confirmations. On a construit un stud et on s’est auto-confinés. On a réuni les gens autour de nous notamment ceux du SouthLab et on continue d’avancer avec les personnes qui partagent la même vision que nous.


"On aime les prises de risque et les personnes qui donnent un sens à leur musique"

Quelles sont vos sources d’inspiration dans le rap en général ? Ou même ailleurs ?


On aime les prises de risque et les personnes qui donnent un sens à leur musique en essayant de faire passer des émotions.


Que pensez vous du rap français ces deux dernières années ?


On trouve qu’il y a beaucoup de diversités et d’univers intéressants mais on est toujours déçus qu’à la fin les artistes se conforment ou n’évoluent pas. Aujourd’hui, le problème est que les gens ne s’intéressent plus qu’à l’apparence et aux chiffres.


Qu'entendez vous par la phase "Jdevrais pt'être marquer un temps, jpourrais m'élever qu'en rappant mais c'est comme ça qu’j’me détruis, jpourrai pas mourir vieux." dans le son 20.02.2020_Interlude ?


On parle ici d’élévation spirituelle quand on est dans notre monde. Bédave, se tuer au micro et pas dormir fait parti de notre quotidien. On arrive à se sentir bien dans cette destruction physique et mentale. On s’en fout de mourir vieux, on veut juste vivre.



Vos textes possèdent une part d'egotrip mais relèvent aussi souvent un problème bien plus profond dans la société actuelle. Quel est votre rapport avec le monde d'aujourd'hui, le message que vous souhaitez faire passer ?


Le monde d’aujourd’hui est dominé par l’argent et même au niveau artistique, les artistes réfléchissent d’abord à combien ils vont gagner avant d’être créatif. Les personnes qui nous contrôlent, cherchent à nous déshumaniser et on ne peut plus accepter qu’un noir se fasse tabasser par des flics, qu’un violeur présumé soit au sein du gouvernement ou encore qu’on sacrifie des gens pour faire tourner l’économie. Notre musique peut sembler très personnelle mais elle reste aussi un reflet de ce qu’on observe à deux tous les jours.


Quels sont les projets à venir pour 2021 ?


On continue de progresser à chaque session et on prépare pleins de projets en parallèle. En musique, on va sortir quelque chose au printemps avec toutes les personnes du SouthLab et des beatmakers seront en coprod avec Mowgly. En visuel, on vient de plug avec Uroboros upcycling, un artiste avec qui on travaille sur des vêtements, etc.. Quelques artistes se produisent chez Mowgly et construisent leurs projets avec nous dont Soumeya, Young Mady, Novell...